15:51 Uhr I Éléonore Bovet

»Une heure sans faire, à veiller, observer, penser.

J’ai commencé par observer l’extérieur. Les détails de la rue en face de moi, la couleur du ciel, en contraste avec celle de la neige, deux blancs différents. Ma fenêtre se trouve au rez-de-chaussée, et dès le début, je me suis sentie vulnérable à l’idée que les passants, plus nombreux que je ne me l’étais imaginé, me voient, et restent là à m’observer eux aussi, pendant une heure. Cela n’est pas arrivé. Personne ne m’a remarquée. J’étais comme une présence invisible.

Mes sentiments durant cette heure ont oscillé entre bien être, inconfort, calme et tempête intérieurs. Ce que je voyais à l’extérieur était parfois très présent, les couleurs très intenses, les sons très puissants. Chaque mouvement, passant, voiture etc. m’a paru d’une intensité décuplée. Mais ma voix intérieure et mes sensations corporelles ont également pris beaucoup de place. En fait, cette heure de silence et d’immobilité ne l’était que en apparence. Tout est toujours en mouvement, l’extérieur, mes pensées, mon sang circulent dans mes veines. Tant que je vis, rien n’est immobile dans mon monde. De la vulnérabilité, je suis passée à une sensation de fierté. Je suis là, debout, j’observe, et la richesse de mon monde intérieur se révèle à moi. La position debout m’a également fait réaliser que « ne rien faire » que se tenir là, c’est déjà beaucoup de vie et d’effort. Et ça c’est fort. Avant cette heure, je m’attendais à une promenade méditative dans ma tête et mon champ de vision. Finalement, j’en tire une leçon de vie, et une sensation de fierté et d’espoir.«

18.01.2021 Éléonore Bovet